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Actualité du Parc et de son territoire
La Salamandre tachetée
( Salamandra salamandra, Linnaeus, 1758)

Ordre : Urodèles

Famille : Salamandridés

     

Qui est-elle ?

La Salamandre tachetée a le corps trapu, d’aspect boudiné, et la queue presque cylindrique. Son corps lisse et luisant est décoré de tâches jaune d’or sur un fond noir. La disposition des tâches est très variable selon les individus au point d’être considérée comme une carte d’identité de chaque animal. Les grosses glandes (parotoïdes) à l’arrière de la tête ainsi que les glandes vertébrales de la Salamandre produisent un venin d’aspect laiteux contenant des alcaloïdes toxiques pour les vertébrés (mais elle n’a aucun moyen de les inoculer). La coloration jaune et noire de la Salamandre tachetée constitue d’ailleurs un signal de mise en garde qui la protège de ses prédateurs potentiels.

Longueur : 15 à 20 cm

La Salamandre tachetée
Fig. 1 – La Salamandre tachetée

     

Où vit-elle ?

Elle occupe toute l’Europe au sud du 53° parallèle à l’exception des Alpes et de certaines régions méridionales. Elle fréquente les secteurs humides des forêts de feuillus (comme la forêt de la Reine) et du bocage. Totalement terrestre mais vivant en milieu humide, elle ne cherche les points d’eau qu’au moment de la ponte.

 

Quelles sont ses mœurs ?

La Salamandre est strictement nocturne sauf par temps d’orage. Elle se nourrit le soir et la nuit d’invertébrés divers comme les vers de terre, les escargots et les limaces. Ses déplacements lents ne lui permettent pas de capturer des proies plus mobiles.
L’accouplement a lieu à l’automne et la fécondation est interne. En effet la Salamandre a la particularité d’être ovo-vivipare, c’est-à-dire que les œufs incubent et éclosent à l’intérieur du ventre de la femelle. Ainsi, au moment de la ponte, au printemps, au cours des nuits pluvieuses, les femelles entreprennent de véritables " migrations " vers ces points d’eau où elles pondent une à plusieurs dizaines de larves. Après 5 mois de vie aquatique où les larves se nourrissent de petites proies vivantes, elles se métamorphosent en une petite salamandre terrestre qui mettra 4 ans à atteindre sa maturité sexuelle.
Elle hiberne pendant la mauvaise saison dans la mousse, les feuilles mortes et sous les tas de bois.

 

Mesures de protection et effectifs

Dans le passé, la Salamandre tachetée a été victime de destructions délibérées à cause des croyances superstitieuses qu’elle inspirait. Aujourd’hui ce sont les modifications de son environnement et notamment des lieux adéquats pour la ponte qui constituent la principale menace.
En effet, la Salamandre nage très mal et souvent les femelles se noient lorsque les lieux de ponte présentent des berges trop abruptes, une lame d’eau trop importante ou un courant trop rapide. Ainsi, la rectification et le curage presque systématiques des ruisseaux lui sont préjudiciables.
Les larves peuvent être victime de pollutions accidentelles des eaux.
Les travaux d’aménagement et d’exploitations forestières peuvent provoquer des écrasements, destruction des caches diurnes, des lieux d’hivernage et des ruisselets.
L’arasement du bocage, avec les remembrements, s’est répercuté sur les populations des régions non forestières.
Enfin, la mortalité due aux voitures peut être très importante lorsque les femelles doivent traverser des routes pour atteindre les lieux de ponte.

Salamandre adulte
Fig. 1 – Salamandre adulte
  Larve développée de salamandre
Fig.2– Larve développée de salamandre
 
Aussi, la Salamandre tachetée est protégée par la loi en France et figure sur le livre rouge des espèces menacées de France en tant qu’espèce dont il faut surveiller l’évolution.
Sa répartition en Lorraine est mieux connue grâce à la réalisation d’un Atlas des batraciens et reptiles de Lorraine. Ainsi, la Salamandre tachetée est présente sur l’ensemble du territoire du Parc dans les mares et ornières forestières principalement, mais elle est quasiment absente de la Petite Woëvre en dehors de la micro-population de la forêt de la Reine.
 
Fig 1 & 2 : Pestel N.
(extraites " Dossier technique de la gazette des terriers : A la rencontre des amphibiens. 1996. Journal des clubs CPN).

Ouvrages de référence

  • Guyetant R. 1997 / Les amphibiens de France. Revue française d’aquariologie herpétologie. 64p.
  • Le Garff B. 1991 / Les amphibiens et les reptiles dans leur milieu. Bordas. 246p.
  • Thorn R. 1969 / Les salamandres. Ed. Lechevalier P. 376p.

 

  Un stage au Parc ! Parc naturel régional de Lorraine - mission Environnement
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