|
Les libellules
( Esox lucius, Linnaeus, 1758) |
Classe : Arthropodes
Ordre : Insectes |
|
| |
|
|
Qui sont-elles ?
Les libellules, appelées aussi Odonates, sont parmi les plus grands et les plus élégants des insectes de nos régions. Bien connues du grand public sous le nom de " Demoiselles ", on en compte aujourd’hui 6000 espèces de par le monde mais seulement 100 habitent la France. Possédant 2 paires d’ailes, 3 paires de pattes et 2 gros yeux composés (10000 à 30000 facettes), elles se divisent en 2 groupes distincts :
• Les Zygoptères : Ce sont des libellules de petites tailles qui peuvent partiellement ou totalement plier leurs ailes sur le dos au repos.
• Les Anisoptères : Ce sont des libellules généralement de grosses tailles dont les ailes, très larges à la base, sont étalées au repos.
Les couleurs des Libellules sont remarquables : rouge éclatant, vert bronze ou vert métallique, jaune, brun ou bleu. Ces colorations ont de multiples fonctions dans la vie des odonates (découverte et identification des partenaires pour la formation du couple, camouflage ou maintien de la température interne). Le vol est très élaboré. Ainsi, les libellules peuvent alterner des vols rapides et des vols planés et nombre d’espèces sont même capables de voler en arrière.
Quelles sont leurs mœurs ?
La vie des Libellules à l’état adulte est courte. Elle s’étend de fin avril pour les plus précoces à octobre. L’espérance de vie varie de quelques jours pour certains Agrions à 4 mois pour l’Anax empereur (Anax imperator). L’accouplement a lieu durant cette période et, du fait de la position des organes copulateurs mâles et femelles, les partenaires forment un " cœur copulatoire " (appelé aussi tandem). L’accouplement dure d’une demi-minute à plusieurs heures. Ce comportement est unique dans le monde des insectes. La ponte a lieu lors de la formation du tandem ou bien quand les femelles sont seules.
|

Libellule émergeante - Photo : L. Godé |
|

Tandem de Ishnura Elegans - Photo : L. Godé
|
Les œufs sont soit enfoncés dans les végétaux, soit jetés dans l’eau ou déposés sur le substrat. Ils donneront naissance à des larves, toutes aquatiques, dont le développement va demander 1 à 3 ans selon les espèces.
L’émergence a lieu hors de l’eau : la larve monte sur un roseau ou une branche puis la libellule se libère de la dépouille de la larve et est fin prête à voler.
Les Odonates sont de redoutables prédateurs, consommant de nombreux insectes, généralement de tailles inférieures à la leurs. Elles capturent leur proie en vol et plus rarement des insectes au repos (surtout chez les zygoptères). La chasse a lieu le plus souvent sur les eaux et plus rarement dans les prairies, les clairières et à l’orée des bois.
Enfin, les Libellules puisent une partie de leur énergie dans les rayons du soleil en exposant leurs corps sur des feuilles ou des pierres pendant quelques instants.
Où vivent-elles ?
Les libellules de nos régions vivent toutes à proximité de l’eau, car leur reproduction est directement liée au milieu aquatique. Selon le type de zones humides (marécages, étangs, mares, tourbières, rivières,…), différentes espèces de libellules seront présentes.
On peut séparer les Libellules suivant 2 grands types d’habitats : les eaux vives et les eaux stagnantes.
• Les Libellules habitant les eaux vives :
Ces espèces sont peu nombreuses et fréquentent essentiellement les bords de rivières, de torrents et les petits ruisseaux ou suintements. Les Calopteryx (Calopteryx splendens et Calopteryx virgo) sont les plus typiques. Ils sont petits, les ailes partiellement ou totalement colorées, le corps bleu-vert métallique.
|

Petite Nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) - Photo : PnrL |
|

Calopteryx splendide (Calopteryx splendens) - Photo : L. Godé |

Gomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus) - Photo : T. Roussel |
|

Agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes) - Photo : T. Roussel |
| On trouve également les Gomphes (Gomphus sp.), anisoptères de taille moyenne, dont le corps vert-jaune est bariolé de noir. Les petits ruisseaux et les suintements de source sont colonisés par le Cordulegastre annelé (Cordulegaster boltonii), gros anisoptère noir et jaune. Enfin, l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale) fréquente les rives et les fossés.
• Les Libellules habitant les eaux calmes ou stagnantes :
Les eaux stagnantes hébergent de nombreuses espèces d’odonates. Une part de ces espèces ne sont pas spécialisées et peuplent la majorité des milieux humides, mais d’autres recherchent des milieux caractéristiques comme les tourbières dans les Vosges. Mares, étangs, lacs et marais sont les principaux abris des libellules dans le Parc de Lorraine.
Avec son allure de gros hélicoptère bleu et vert, l’Anax empereur (Anax imperator), le plus gros des anisoptères, fréquente les plans d’eaux de toutes tailles dès le mois de mai. Il est fréquemment accompagné de l’Aeschne mixte (Aeshna mixta) et de l’Aeschne printanière (Brachytron pratense) ainsi que de l’Orthetrum réticulé (Orthetrum cancellatum). Plus tard, en juin, apparaissent le sympetrum sanguin (Sympetrum sanguineum), le Sympetrum striolé (Sympetrum striolatum) et la Libellule déprimée (Libellula depressa) et son abdomen aplati ainsi que le Crocothemis écarlate (Crocothemis erythraea) et sa robe rouge flamboyante. Le long des berges, l’Agrion jouvencelle (Coenagrion puella), l’Agrion élégant (Ishnura elegans), le Leste fiancé (Lestes sponsa) et plus rarement la Naïade verdâtre (Erythromma najas) vont, dans leur tenue bleue et noire, de roseaux en nénuphars. |
| Mesures de protection et effectifs ?
Les libellules ont de nombreux ennemis. Beaucoup d’oiseaux en font leur proies favorites : Guêpier, Huppe, Pie-grièche écorcheur pour les adultes, héron, cigogne et beaucoup d’oiseaux aquatiques pour les larves. Les grenouilles, les poissons (brochet, truite, brème,…) et les araignées sont également des prédateurs réguliers. Les parasites et les mauvaises conditions climatiques sont les autres facteurs de mortalité.
Mais, l’homme demeure le principal responsable de leur disparition. Les modifications et destructions de biotope (recalibrage et canalisation des ruisseaux, des rivières, des étangs, marais asséchés, cours d’eau pollués, disparition et remblaiement de zones humides,…) ainsi que les pollutions agricoles (engrais) et industrielles ont provoqué une importante régression des populations de Libellules.
De part leur place dans le milieu, les Libellules sont de très bons indicateurs de la qualité de celui-ci.
Exemples de biotopes favorables aux Odonates. |

Mare à Ansauville – Photo : S. Caux |
|

Etang Neuf à Boucq - Photo : PnrL |
| Pourtant, quelques espèces sont protégées au niveau régional (11 en Ile de France), national (10) voire international. De plus, il existe des réglementations propres à chaque pays quant au prélèvement de certaines espèces en milieu naturel. En Lorraine, plusieurs espèces protégées sont présentes : la Leucorrhine à large queue (Leucorrhinia caudalis), la Leucorrhine douteuse (Leucorrhhinia dubia), l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale),… |

Leucorrhine à large queue (Leucorrhinia caudalis) – Photo : J. P. Boudot
|
|

Leucorrhine douteuse (Leucorrhinia dubia) – Photo : Machais |
| Comme pour beaucoup d’espèces animales, la protection des Odonates passe par la protection des milieux qu’ils habitent et par une meilleure connaissance de leur population. |
|
Ouvrages de référence
- D’Aguilar J.& Dommanget J.L. 1998/ Guide des Libellules d’Europe et d’Afrique du nord. Delachaux&Niestlé. 463 p.
- Jurzitza G. 1993/ Libellule d’Europe, Europe centrale et méridionale. Delachaux&Niestlé. 191 p.
|
|