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Actualité du Parc et de son territoire
Le Courlis cendré
(Numenius arquata, Limnaeus 1758)

Ordre : Charadriiformes

Famille : Scolopacidae

     

Dessin : C. Pourcher

Qui est-il ?

C’est à son long bec recourbé vers le bas que l’on reconnaît le Courlis cendré, le plus gros des oiseaux limicoles européens. En effet, son plumage gris-brun sur le dessus, beige sur le ventre, parcouru d’une multitude de flammèches brunes, est plutôt mimétique.
Qu’il soit posé ou en vol, le Courlis cendré émet un chant agréable composé de " ho-id " mélodieux. La parade nuptiale est très belle à voir. Pour parader le mâle, les ailes frémissantes, s’élève jusqu’à 30-40 mètres de hauteur en faisant entendre des cris flûtés qui se transforment en trilles sonores lors de sa descente.

Où vit-il ?

En France, les principales populations nicheuses de Courlis cendré occupent la plaine d’Alsace, la Lorraine, le Val de Saône, la Bretagne et la Normandie. Cet oiseau est un migrateur partiel qui ne parcourt pas de trop grandes distances : les individus qui nichent dans le nord-est de la France passent l’hiver sur les côtes atlantiques et méditerranéenne, tandis qu’on peut observer chez nous en hiver des individus qui ont niché en Scandinavie.
Le Courlis cendré occupe le même habitat que le Râle des genêts : les vastes ensembles de prairies de fauche inondables. Ainsi, il est l’hôte emblêmatique de nos grandes vallées alluviales. En Lorraine, on en compte environ 70 couples dans le val de Meuse , et 50 couples dans la vallée de la Seille.

Quels sont ses mœurs ?

Dès la fin du mois de février, un son de flûte annonce l’arrivée des Courlis cendré sur leur territoire de nidification. Les couples se forment et les futurs parents choisissent un emplacement pour leur nid, légèrement surélevé.
La structure de la végétation est prépondérante dans le choix de ce site, une faible hauteur de l’herbe devant permettre au couple d’avoir une parfaite couverture visuelle de son territoire.
Les jeux nuptiaux commencent alors, dans les airs et sur le sol. Le nid est un creux camouflé dans les herbes, tapissé de chaume sec ; son creusement et la récolte des matériaux pour le confectionner font partie de la parade nuptiale. Au cours du mois d’avril, la femelle y dépose 4 œufs ; les deux adultes vont alors se relayer pour couver, pendant 4 semaines où ils resteront très discrets.

Dès l’éclosion, les parents deviennent très bruyants et agressifs. Les poussins, nidifuges, quittent tout de suite le nid pour suivre leurs parents à la recherche de nourriture ; ils sont alors très vulnérables. Au bout de 6 à 7 semaines, les oisillons volent, et dés fin juin, les familles commencent à abandonner les lieux pour partir en migration.
La nourriture des Courlis est composée surtout d’insectes, puis d’araignées, de vers, de mollusques et de crustacés, complétée à l’occasion de graines et de petites baies.
Courlis cendré
Photo : F. Schwaab
Mesures de protection et effectifs

Le Courlis cendré est chassable en France, où l’on compte actuellement environ 1500 couples, mais considéré comme menacé en Europe (il est inscrit à l’annexe II de la Directive " Oiseaux ") . Si cet oiseau a connu une certaine expansion géographique dans les années soixante, grâce à certains usages agricoles, il est actuellement en fort déclin à cause des changements de pratiques survenus.
Ainsi, en Lorraine comme ailleurs, il est victime :
- de la disparition des prairies humides de fauche au profit des terres labourées, suite à l’extension du drainage et au remplacement du foin par de l’ensilage de maïs,
- de l’intensification de la conduite des prairies :
• le damage des prairies au printemps pour égaliser les taupinières entraîne une destruction systématique des couvées précoses,
• l’apport d’amendements stimule la croissance de la couverture herbacée qui devient trop haute et trop dense, donc impropre à l’élevage des nichées (surveillance du territoire difficile, déplacement des poussins entravé…)
• la fauche précoce des prairies pour l’ensilage de l’herbe réduit à néant toute chance de réussite pour la nidification du Courlis.
Les pratiques agricoles affectant les lieux de reproduction jouent donc un rôle déterminant dans le maintien de nos populations nicheuses.
C’est pourquoi il existe depuis quelque années des mesures agri-environnementales permettant d’appliquer aux zones de nidification du Courlis cendré et du Râle des genêts une gestion agricole adaptée : la vallée de la Meuse fait actuellement l’objet d’un article 21-24 c’est-à-dire qu’en contrepartie de compensations financières, les agriculteurs acceptent de faucher plus tardivement pour permettre aux nichées de prendre leur envol.

Ouvrages de référence

  • Yeatman-Berthelot D., Jarry G., 1994 / Atlas des oiseaux nicheurs de France. Ed. Société ornithologique de France.
  • Salvi A., 1993 / Le Courlis cendré en Lorraine. Revue Ciconia, volume 17, fascicule 1

 

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