accueil
plan du site
équipe de la mission Environnement
 
Accès aux fiches Faune, Flore et Milieux
FICHES
le Parc, ses missions, son fonctionnement...
mission Environnement
mission Education
mission Tourisme
mission Culture
Documentation disponible
Actualité du Parc et de son territoire
La Grue cendrée
(Grus grus, Linnaeus, 1758)

Ordre : Gruiformes

Famille : Gruidés

     

Dessin : P. Deom (cf. Ref. 2)

Qui est-elle ?

La Grue cendrée est l’un des plus grands oiseaux d’Europe, avec une envergure de 2m et un poids de 4 à 6kg. Elle revêt un plumage d’un gris presque uniforme mais le cou et la tête de l’adulte sont marqués d’un contraste noir et blanc surmonté d’une tache rouge-vif. Au sol, l’extrémité bouffante de ses ailes lui fait une " queue " en panache. Son long cou et ses grandes pattes lui confèrent des allures d’une rare élégance, qui font des parades nuptiales un ballet fantastique.
D’un attachement conjugal légendaire, plusieurs civilisations, notamment asiatiques, ont fait des grues un symbole de la fidélité, du bonheur et de l’espérance.

Où vit-elle ?

Des quinze espèces de grues qui existent actuellement dans le monde, c’est la Grue cendrée qui possède l’aire de répartition la plus vaste.
Les Grues cendrées nichent en Scandinavie, dans le nord de l’Europe (Pologne, Finlande) et jusqu’en Sibérie. Adultes et jeunes quittent ce lieu de nidification avant l’hiver pour cause de raréfaction de la nourriture : c’est l’époque des migrations. A la mi-octobre retentissent les " coups de trompe " du départ et les grues mettent le cap vers le sud par groupe de 100 à 200 individus. D’autres attendront jusqu’à la mi-novembre avant de se décider à partir.


Grues en vol (Photo : Taraszewski H.)

L’escadrille en forme de V, dont la parfaite cohésion est maintenue par les cris qui rendent son vol si caractéristiquement bruyant, est conduite à une vitesse de 40 à 70km/h.

Ce sont environ 50 000 grues qui survolent ainsi chaque année l’Allemagne, le Luxembourg, puis la France. Un grand nombre d’entres-elles, selon la fatigue, la faim et les conditions météorologiques, effectuent des haltes de plusieurs jours en Lorraine et/ou Champagne et dans les Landes de Gascogne : ces zones de stationnement sont devenues indispensables au bon déroulement de la migration, et la France détient donc une grande responsabilité dans la sauvegarde de cet oiseau. Seules quelques-unes restent depuis quelques années en Meuse ou en Champagne pour passer l’hiver ; la majorité, après un franchissement très laborieux et périlleux (chasse) de la chaîne des pyrénées et une dernière étape en Aragon, se dispersent enfin dans leur site d’hivernage espagnol. Certaines franchissent le détroit de Gibraltar et vont hiverner dans les oasis de l’Afrique du Nord.
Dés les premiers jours de mars résonne à nouveau l’appel qui les ramènera avec les mêmes haltes dans leur pays natal, 3500 km plus au nord. Le passage est plus rapide qu’à l’automne et culmine entre le 5 et le 15 mars.

Quels sont ses mœurs ?

Sociable et très grégaire lors des migrations et de l’hivernage (au cours duquel les familles restent unies), la Grue cendrée devient territoriale au moment de la nidification : le couple niche solitaire, à terre, sur de vastes étendues de marais ou de forêts marécageuses, où il donne naissance fin mai à 1 ou 2 petits qui y seront élevés jusqu’en septembre.
Dans les marais, elle se nourrit d’insectes, mollusques, petits vertébrés, herbe tendre, plantes aquatiques et baies.


Dessin : P. Deom (cf. Ref. 2)
Mais sur ses haltes migratoires, lorsque la culture intensive a remplacé les prés, les restes de maïs lui conviennent parfaitement.

Mesures de protection et effectifs

La Lorraine est l’une des rares zones d’Europe de l’Ouest qui accueillent des milliers de grues au cours de leurs étapes migratoires. Grâce à sa situation géographique, elle est à la fois la première région de France à voir arriver les grues à l’automne, selon un couloir de vol très mouvant d’est en ouest, et la dernière à les voir partir au printemps, selon une route de migration plus resserrée sur la Meuse : la plaine de la Woevre est alors la première étape française pour les vols partis directement d’Espagne et connaît des rassemblements remarquables.
La chasse et la destruction de sites de nidification (assèchement de marais) ont éliminé entre 1880 et 1965 les populations nicheuses de toute la moitié sud de l’Europe, menaçant l’espèce d’extinction.
Maintenant totalement protégée en France et dans les pays de l’union européenne (annexe II de la Convention de Berne, et annexe I de la Directive Oiseaux), les Grues cendrées connaissent depuis quelques années une forte augmentation de leur population, dûe à leur statut d’espèce protégée, à la multiplication des réserves sur les zones d’hivernage, à l’accroisement du nombre d’oiseaux nicheurs et au transfert d’une partie de la population orientale vers l’Occident (les grues ont fui les conflits armés).
Mais elles sont toujours très vulnérables à cause de la transformation (déboisement) de leurs sites d’hivernage en Espagne, des empoisonnements par les traitements des cultures dont elles dépendent lors de leurs haltes, des électrocutions sur les lignes électriques, de la chasse, et de la surexploitation des forêts nordiques où elles nichent. De plus, l’augmentation des concentrations d’oiseaux liée aux modifications des paysages agricoles engendre de nouveaux conflits avec les agriculteurs (dérangement systématique pour éviter les dégâts aux semis de printemps).
Dans notre région les Grues cendrées qui stationnent sur les grands étangs peu profonds et les prairies humides voisines sont en cours de migration. Elles ont donc besoin de se reposer et de s’alimenter avant de poursuivre leur voyage. C’est pourquoi il ne faut pas les déranger en essayant de les approcher ; mieux vaut les observer à distance, en restant sur les routes.


Dessin : Carole Pourcher
Un bon moyen de distinguer au loin Grues et Cigognes :
La Grue porte fièrement ses pattes et son cou à l’horizontale, plus ou moins dans le prolongement l’un de l’autre.
Chez la Cigogne, au contraire, les échasses et surtout le bec ont parfois l’air de s’incliner lourdement, comme si l’animal était épuisé.

(extrait de La Hulotte –Cf. Ref. 2)

Ouvrages de référence

  • Année européenne de l’environnement, brochure / Les grands lacs de Champagne – La Grue cendrée
  • Deom P., 1986, / La Hulotte n° 56 et 57
  • Bertrand B. 1994, / A tire d’ailes, avec Groulia et Trana. revue Les réalités de l’Ecologie n°51.

 

  Un stage au Parc ! Parc naturel régional de Lorraine - mission Environnement
      Logis abbatial - rue du Quai - BP 35 - 54702 PONT-A-MOUSSON Cedex
Tél : 03 83 81 67 67 / Fax : 03 83 81 33 60