Où vit-il ?
En France, le Pic épeiche est le plus commun des pics bigarrés. On le rencontre dans toute l'Europe, excepté l'Irlande et les régions du Grand Nord, en Afrique de l’ouest et en Asie jusqu’au Japon. Généralement sédentaire, certaines populations nordiques migrent parfois en groupe vers le sud.
Le Pic épeiche est totalement dépendant des arbres, quelque soit le type de boisement. Ne dédaignant pas les résineux des Hautes-Vosges, il fréquente surtout les grands massifs de feuillus de plaine, mais également les petits bois, les parcs urbains, les lisières et les haies. Son territoire couvre entre 40 et 60 hectares.
L'hiver, il vient fréquemment à la mangeoire pour peu que vous ayez accroché au tronc d'un arbre une couenne de lard à son intention.
Quels sont ses mœurs ?
Insectivore à la bonne saison, le Pic épeiche capture de très nombreuses larves d'insectes, des chenilles, des fourmis, et pille à l'occasion des nids de passereaux. En automne et en hiver, il devient végétarien et consomme des graines de conifères, apprécie la sève des arbres et ne dédaigne pas les baies et les fruits.
La période de reproduction débute en janvier et voit les mâles s’affronter dans des tambourinages bruyants. Audible jusqu'à 800 m environ, il dure un peu moins d'une seconde et se compose en moyenne de 10 à 16 coups de bec. Ces tambourinages en plus des cris permettent au Pic épeiche d'affirmer sa présence sur son territoire qu'il parcourt en solitaire pendant une grande partie de l'année. Le soir, il regagne son gîte nocturne : une cavité qu'il connaît ou qu'il a forée lui-même. Il y dort en position verticale, accroché à la paroi (habitude commune à tous les pics).
Dès la fin mars, l'excavation d'une niche est entreprise (une ancienne peut aussi être utilisée) à une hauteur de 4 à 10 m. La femelle y pond 4 à 6 œufs à la fin avril et l'incubation dure une dizaine de jours. Les jeunes quittent le nid à l’âge de 3 semaines et sont indépendants 2 semaines plus tard.

Hêtraie-chênaie habitée par le Pïc épeiche (Dendrocopos major) – photo : PnrL
Mesures de protection et effectifs ?
En France, le Pic épeiche est protégé depuis 1977. Commun, il compte de nombreux prédateurs tels l’épervier, la martre ou les chats domestiques.
Il est important de souligner le rôle des arbres morts qui constituent des sites de nidification naturels pour le Pic épeiche et pour de nombreux oiseaux. Ces arbres sont de véritables garde-manger notamment lors de l'élevage de jeunes. et en cas de pénurie en hiver. Une prise de conscience quant à l’importance de ces arbres semble émerger actuellement et des efforts de conservation sont menés notamment par l'Office National des Forêts.
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