Où vit-il ?
Proche parent des pics, même s'il ne creuse pas de trou dans les arbres, le Torcol fourmilier est un migrateur transsaharien qui séjourne en Lorraine de la mi-avril à la fin août.
Seules quatre grandes zones accueillent le Torcol fourmilier: le bassin aquitain, l'Auvergne, le massif alpin et le Nord-Est de la France.
Le Torcol fourmilier affectionne les régions qui lui offrent une certaine diversité de pelouses, prairies et friches plus ou moins découvertes et cloisonnées de haies et d'arbres. Il lui faut une certaine proportion de terre nue et sèche, de végétation herbacée basse et lacunaire, mais aussi des feuillages, des postes de chant et des cavités de nidification. Le Torcol fourmilier se cantonne donc dans les vergers, les allées des parcs, les haies, les jardins et sur les lisières des bois de feuillus.
Quels sont ses mœurs ?
Insectivore en principe et surtout consommateur de fourmis, le torcol se nourrit de préférence à terre. Posté sur les pistes des fourmis, il les capture avec sa langue filiforme.
Il passe en revue les fourmilières, les fouille à coup de bec, y glisse sa langue gluante pour récolter les larves et les adultes. Il se nourrit également d'autres insectes, et en automne s'accommode même des baies du sureau noir.
Le vieux verger laissé à l'abandon est le biotope favori du Torcol fourmilier. Il y occupe souvent une ancienne loge de pic ou un simple trou d’arbre.
Durant la seconde moitié du mois d'avril l'appel plaintif du Torcol fourmilier (une même syllabe sans cesse répétée) retentit. L'intensité de cet appel changeant à chaque instant, il semble surgir tantôt aux côtés mêmes du promeneur, tantôt dans le lointain. Si l'on est attentif, on le découvrira alors sur la cime d'un arbre, un pylône ou en un autre lieu élevé.
Pour nicher, le Torcol fourmilier n'hésite pas à déloger les poussins d'une autre espèce occupant le site choisi. Les premiers œufs ne sont déposés qu'à la mi-mai, les pontes en comprennent de 8 à 10, l'incubation, assurée par le couple, dure de 13 à 15 jours. Après une période de 20 à 25 jours passés au nid, les jeunes s'observent partout à partir du 15 juin. Les familles restent unies quelques jours avant une émancipation rapide. Il s'ensuit une phase d'erratisme pour les jeunes.
La particularité du Torcol fourmilier qui lui a valu son nom dans toutes les langues, se révèle lorsqu'il se sent en danger immédiat. Son coup s'allonge alors et se tord lentement avec un mouvement reptilien, les plumes de sa tête se dressent, ses yeux se ferment à demi, il s'élève peu à peu, puis, soudainement s'affaisse en soufflant comme un chat effrayé, puis il se gonfle à nouveau, ailes et queue plus ou moins étalées en tendant le cou.
Mesures de protection et effectifs ?
Protégé en France depuis 1977 et en Europe par la Directive Habitats, le Torcol fourmilier subit depuis plusieurs années une forte régression. Les raisons de ce déclin sont essentiellement dues à la destruction de son habitat et la diminution des populations de fourmis liée à la pollution par insecticide et à un degré moindre, la concurrence avec les pics et les étourneaux.

Verger typique fréquenté par le Torcol fourmilier (Jynx torquilla) – Photo : PnrL
|