Végétation
Les plantes colonisant les friches proviennent, comme pour les jachères, du stock de graines résidant dans le sol et surtout de l’essaimage des milieux voisins. Les ronces, les orties, le prunelier, le cornouiller sanguin, sont les plus communes, mais on y trouve aussi le cerfeuil, les chardons et les épilobes.

Lézard agile, hôte régulier des friches (photo – L. Godé)
Toutes ces espèces coexistent avec celles qui constituaient le milieu laissé à l’abandon (arbres fruitiers pour le verger, colza, avoine pour les cultures,…), mais, progressivement, ces dernières vont disparaître. En effet, toutes les plantes ne vont pas coloniser le milieu en même temps et à la même vitesse, donc, différents cortèges de végétaux vont se succéder année après année.
Intérêt et mise en valeur
La friche est souvent un milieu de transition (écotone) entre 2 autres types d’habitats. Comme la haie, elle sert de relais et de corridor écologique cumulant ainsi les espèces des 2 milieux et apportant également sa richesse spécifique.
Cependant, l’intérêt de la friche réside souvent dans les milieux qui la précèdent. En effet, que ce soit un verger, une pelouse calcaire ou une zone humide, l’enfrichement peut faire disparaître de nombreuses espèces sensibles propres à ces milieux. Dans bon nombre de cas, il est donc préférable de gérer ces friches pour permettre un retour au milieu initial. Dans un premier temps, on effectue un débrousaillage et une coupe sèche puis on met en place une gestion adaptée à long terme comme le pâturage extensif pour l’entretien de prairies et marais. De plus, l’enfrichement peut accentuer les risques d’incendies.

Phanéroptère commun (Phaneroptera falcata), hôte des friches sèches
Mais, dans la cas où le milieu initial est de faible intérêt (culture, zone industrielle), la déprise contribue à l’enrichissement de notre faune par la création d’habitats favorables à des espèces animales et végétales rares ou protégées et elle crée des refuges pour de nombreuses espèces animales : de nombreux passereaux (fauvettes, bruants,…) se nourrissent et se reproduisent dans les friches et on y rencontre beaucoup d’insectes, du gros gibier (chevreuil), des rongeurs et des reptiles (lézard agile, couleuvres).
Aujourd’hui, de nombreuses tentatives de revalorisation de zones en déprise (pelouses en friches, pâtures abandonnées, anciennes gravières) ont vue le jour avec, pour beaucoup, des résultats intéressants. Les friches sont des milieux riches, à forte potentialité, mais qui nécessitent une gestion partielle plus ou moins accentuée. |