La flore
Prairies humides à molinies ou prairies maigres, forêts humides ou sèches, mégaphorbiaies, vases exondées ou herbiers flottants, pelouse sèches et vallons froids offrent tout un panel de milieux caractérisant de nombreux cortèges floristiques.
Un manque de connaissances de certains des biotopes particulièrement riches mais difficilement accessibles ou identifiables tels que les étangs ou les prairies est aujourd’hui partiellement comblé par d’importants programmes d’inventaires.
Ainsi, depuis 1993, la mission SIG avec son programme « Atlas communal » et les inventaires thématiques réalisés avec l’Université de Metz (laboratoire de phytoécologie) ainsi que le Conservatoire et Jardins Botaniques de Nancy, ont permis de nombreuses découvertes botaniques sur la répartition, la présence et l’écologie des espèces.
Nous pouvons aujourd’hui estimer avoir recensé 1239 espèces et sous-espèces végétales dont 99 espèces protégées (national, régional et départemental).
Une régression générale de la flore particulière des zones humides semble évidente et les espèces suivantes sont maintenant en Lorraine considérées comme "rares" ou " intéressantes " : Limosella aquatiqua (Limoselle aquatique), Alisma gramineum (Plantain d'eau à feuillles de graminée), Potamogeton acutifolius (Potamot à feuilles aiguës), Potamogeton obtusifolius (Potamot à feuilles obtuses), Nymphoides peltata (Faux-nénuphar), Najas minor (Petite naïade), Senecio paludosus (Seneçon des marais), Carex bohemica (Laîche de Bohème), Ranunculus lingua (Grande douve), Teucrium scordium (Germandrée des marais), Scabiosa columbaria ssp. Pratensis (scabieuse des près), Ranunculus rionii (Renoncule de Rion)...
Ces espèces particulièrement bien suivies ces dernières années permettent d’esquisser des répartitions plus fines.
Ainsi, la Grande douve et le Plantain d’eau à feuilles de graminée démontrent qu’il existe une complémentarité entre les deux zones du Parc pour ce qui concerne la richesse floristique des zones humides. On peut constater que la Grande douve ne se trouve pour l’instant que dans la zone Ouest du Parc avec de très belles populations. Son absence de la carte en Zone est (même si on la connaît dans un ou deux étangs mosellans) n’est pas due à un manque de prospections puisque ces inventaires ont bien été réalisés comme le prouve la carte du Plantain d’eau à feuilles de graminée. A l’inverse de la précédente espèce, celle ci se trouve principalement sur les étangs de la Zone est du Parc. Ce cas de figure est encore plus explicite avec la Renoncule de Rion qui ne se trouve exclusivement que sur une dizaine d’étangs de la Zone Est. Des recherches sur la gestion des étangs, les sols, la qualité des eaux et l’histoire des milieux restent donc à effectuer pour essayer d’expliquer ces différences nettes de répartition alors que le contexte et les milieux ne semblent pas si différents.
Les nombreux sites thermophiles et forestiers du Parc recèlent eux aussi de multiples merveilles végétales comme Aster amellus (Aster amel) et Campanula cervicaria (Campanule cervicaire) ou Laser trilobum (Laser à 3 lobes) pour les zones plus sèches.
La Campanule cervicaire ne se trouve que sur un seul et unique site. Des prospections effectuées aux alentours de cette station sur des milieux similaires (fruticée de recolonisation et coupe en milieu forestier) n’ont pour l’instant pas révélé de nouvelles populations.
Elle reste l’unique station confirmée de Lorraine et sa population est très importante puisqu’elle comporte plus de 200 pieds. |