Des métiers au service du territoire

Entretien avec Julie Gourland

Chargée de mission Animation du SAGE Rupt-de-Mad - Esch - Trey

© Didier Protin

Julie, quand es-tu arrivée au Parc ?

Je suis arrivée en 2018, directement comme chargée de mission sur l’animation du SAGE. J’avais déjà travaillé sur ce type de dispositif, donc j’ai choisi de poursuivre cette mission au sein du Parc naturel régional.

Je ne connaissais pas la région, mais j’avais déjà une bonne connaissance des Parcs naturels régionaux en tant que structures. Associer la gestion de l’eau et un Parc naturel régional représentait une belle opportunité.

Qu’est-ce que le SAGE ?

Le SAGE est le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux. C’est un outil d’aménagement du territoire dédié à la gestion de la ressource en eau.

Mais en réalité, dès qu’on parle d’eau, on parle aussi d’aménagement du territoire, de développement et de préservation des milieux.

Comment se construit un SAGE ?

Un SAGE se construit sur le temps long.

On commence par une phase de connaissance du territoire. Lorsqu’il manque des données, des études sont menées. Par exemple, une étude sur les volumes prélevables d’eau a duré près de trois ans.

Ensuite, une analyse prospective est réalisée : évolution des usages, impacts du changement climatique sur la ressource, les milieux et les besoins.

Enfin, on élabore le projet politique du SAGE, c’est-à-dire les grandes orientations et décisions à prendre pour le territoire.

Quel est le rôle du projet politique ?

Le SAGE a une finalité réglementaire. Une fois approuvé par arrêté préfectoral, il s’impose dans les décisions relatives aux projets touchant à l’eau.

C’est un processus long, souvent entre 8 et 10 ans. Aujourd’hui, nous sommes dans la phase de construction du projet politique, avec une approbation envisagée à l’horizon 2028.

Après validation, le SAGE entre en phase de mise en œuvre.

En quoi consiste ton quotidien ?

Je suis très régulièrement en lien avec l’Agence de l’Eau et les services de l’État et les élus.

Mon activité est surtout relationnelle : groupes de travail, comités techniques, comités de pilotage, commissions locales de l’eau, bilatérales avec les partenaires…

C’est un métier où la concertation occupe une place centrale.

Avec qui travailles-tu dans le cadre du SAGE ?

Le SAGE vise une gestion intégrée de l’eau. Cela signifie croiser de nombreuses thématiques : agriculture, biodiversité, eau potable, tourisme, usages de loisirs…

L’enjeu est de faire dialoguer des acteurs qui ne se rencontrent pas toujours, afin de construire une vision commune.

L’instance centrale est la Commission Locale de l’Eau. Elle réunit des élus, des usagers (agriculture, eau potable, chambres consulaires, pêche…) et les services de l’État.

Y-a-t-il un chaînon manquant dans cette concertation ?

Le chaînon manquant reste plutôt l’habitant, l’usager direct, et parfois même l’élu communal. Nous travaillons beaucoup avec les intercommunalités, et la relation directe avec les communes reste un enjeu à renforcer. 

Dans les prochaines étapes du SAGE, la question de la communication et de la sensibilisation de ces publics sera essentielle.

Qu’est-ce qui a changé depuis l’arrivée de Clara Colin, chargée de mission mise en œuvre du SAGE ?

J’au pu me recentrer sur quelques priorités.

Les territoires de l’Esch et du Trey, qui sont les deux bassins versants voisins du Rupt de Mad, ont exprimé le souhait de travailler davantage avec nous.  Il y avait une attente forte de pouvoir transposer ce qui fonctionne déjà sur le Rupt de Mad vers ces territoires.

Aujourd’hui, je suis pleinement mobilisé sur la finalisation de l’élaboration du SAGE, avec un horizon de travail fixé à 2028. Quant à Clara, elle coordonne la mise en œuvre des actions du SAGE sur les trois bassins versants.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

La diversité des sujets et des interlocuteurs. Je suis en contact avec des acteurs très variés, souvent sur le territoire du SAGE.

C’est cette richesse qui rend le travail intéressant au quotidien.

Quelle est la priorité pour l’avenir de la gestion de l’eau ?

La solidarité.

Il faudra être solidaires entre l’amont et l’aval d’un bassin versant, mais aussi entre bassins versants voisins. Nous avons tout intérêt à travailler ensemble.

L’enjeu principal est de préserver l’eau nécessaire aux milieux naturels, tout en réfléchissant à la manière dont nous, humains, devons nous adapter sans les dégrader.

Qu’est-ce que Mad’ in L’Eau Reine ?

En 2018-2019, un atelier de territoire a permis de lancer une démarche appelée Mad In L’Eau Reine.

Il s’agissait d’un accompagnement d’un an, pluridisciplinaire, pour identifier les enjeux du territoire, définir une feuille de route et travailler la gouvernance.

L’idée était de tester une approche “comme si le SAGE était déjà approuvé”, qui a abouti à la signature d’un Contrat de Territoire Eau et Climat (CTEC), plus opérationnel et limité dans le temps.

Cette démarche s’inscrit dans une logique complémentaire au SAGE : le SAGE est un outil stratégique et réglementaire, le CTEC est un outil plus opérationnel sur une durée de quatre ans.

Ton coup de cœur sur le Parc ?

“J’aime beaucoup la Petite Suisse Lorraine. J’aime son côté vallonné, très verdoyant, qui m’apporte une vraie sensation de sérénité, comme une parenthèse hors du temps.

J’ai déjà pique-niqué plusieurs fois en forêt, en bordure de l’Esch, du côté de Martincourt, et je m’y suis toujours sentie particulièrement bien.”

© PnrL
Accessibilité