Des métiers au service du territoire

Entretien avec Laure Rihn

Chargée de mission paysages et aménagements

Portrait de Laure Rhin, paysagiste
© Didier Protin

Laure, qu’est-ce qui t’a amené à travailler au sein d’un Parc naturel régional ?

Je souhaitais travailler dans un Parc naturel régional depuis plusieurs années. Après un BTS Paysagiste, j’ai obtenu mon diplôme de Paysagiste DPLG à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille. Avant d’intégrer un Parc, j’ai voulu me confronter concrètement au terrain, travailler les mains dans la terre pour mieux comprendre le végétal et le vivant. Accompagner le développement des territoires tout en préservant les paysages et les milieux naturels correspondait pleinement à ma vision du métier.

Connaissais-tu particulièrement le Parc naturel régional de Lorraine ?

Pas vraiment. J’associais surtout la Lorraine à l’Art Nouveau et à la botanique. C’est surtout après mes études, notamment à Lille, que je me suis intéressée aux Parcs naturels régionaux et à leur approche des paysages.

Comment décrirais-tu ton quotidien concrètement ?

Mon quotidien est très varié. Je travaille avec les communes et les habitants, notamment autour de l’aménagement de belvédères et de projets de paysage. Grâce aux projets européens, nous collaborons aussi avec d’autres Parcs et structures françaises, allemandes, belges ou luxembourgeoises pour développer des outils de lecture des paysages et de leurs évolutions, notamment liées au changement climatique. J’aime cette diversité d’échelles, de thématiques et de collaborations.

 

Tu évoquais aussi ton travail autour de dispositifs pédagogiques et des points de vue paysagers. Est-ce qu’il y a des belvédères que les habitants peuvent déjà découvrir sur le territoire ?

Oui, plusieurs sites sont déjà accessibles, notamment à Fréméréville-sous-les-Côtes, Vandelainville, Combres-sous-les-Côtes, Novéant-sur-Moselle et Ancy-Dornot. D’autres projets sont encore en cours à Lindre-Basse, Haraucourt-sur-Seille, Torcheville, Géville ou Domèvre-en-Haye. 

Au fil des projets, tu es devenue une interlocutrice privilégiée des communes du territoire. Entre écoute, conseil et accompagnement, ton métier consiste aussi à aider les élus à faire émerger et concrétiser leurs idées ?

Oui. Les élus arrivent souvent avec une intuition qu’il faut structurer et adapter au territoire. Mon rôle est de les accompagner dans la définition des besoins et la construction des projets, en lien avec les autres équipes du Parc. J’ai notamment accompagné la commune d’Albestroff de la réflexion initiale jusqu’au recrutement d’un paysagiste.

Quelle serait ta recette magique pour préserver le Parc de Lorraine ?

Je crois beaucoup à l’envie des habitants et des communes de valoriser leur patrimoine et leur cadre de vie. Les paysages peuvent continuer à évoluer positivement si l’on reste à l’écoute des initiatives locales et des personnes qui vivent et façonnent le territoire.

Quels sont les autres projets sur lesquels tu travailles ?

Je travaille notamment sur le projet “Horizont Climatic” et l’observatoire photographique des paysages avec Mathieu Grosjean. L’objectif est de documenter les effets du changement climatique mais aussi les usages et les récits des habitants à travers des photographies et des expositions.

Qu’est-ce qui te fait le plus vibrer dans ta mission ?

Le contact avec les habitants, leurs récits et leur manière de vivre le territoire enrichissent énormément ma compréhension des paysages. J’apprécie aussi le travail collectif avec mes collègues, dont les compétences complémentaires nourrissent les projets.

Est-ce que tu te souviens d’une rencontre qui t’a marquée ?

Oui, plusieurs. Certaines relations se construisent dans le temps, comme avec Sandrine Pellerin à Vandelainville autour du patrimoine local. D’autres rencontres sont plus spontanées mais tout aussi marquantes, comme cette habitante de Combres-sous-les-Côtes qui m’a accueillie chez elle après une simple demande de photographie.

Ton coup de cœur sur le Parc ?

“J’adore aller dans la Vallée du Rupt de Mad, parce que c’est un autre univers. On a vraiment le sentiment d’être entouré de trésors un peu partout, dans les paysages comme dans les ambiances.

C’est un territoire qui m’a beaucoup surprise et que j’ai eu plaisir à découvrir, avec une vraie richesse paysagère et une atmosphère très particulière”.

Belvédère de Vandelainville
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