Des métiers au service du territoire

Entretien avec Loïc Meisse

Animateur éducation au territoire

© Didier Protin

Loïc, tu viens tout juste d’intégrer l’équipe du Parc. Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours ?

J’ai rejoint le Parc naturel régional de Lorraine en avril 2026. Mon parcours est assez atypique. Après un Master en microbiologie environnementale, je me suis d’abord tourné vers l’enseignement de la biologie et de l’écologie, en collège et en IUT, en tant qu’enseignant.

Entre deux remplacements, j’ai eu l’opportunité de travailler comme animateur nature dans des structures très différentes :

  • Au Parc animalier de Sainte-Croix, à Rhodes, aujourd’hui commune associée du Parc naturel régional de Lorraine
  • A la Réserve naturelle nationale de l’Île du Girard, dans le Jura
  • Ou encore à la ferme pédagogique La Contrée des Minis, à Hilbesheim, en Moselle.

Ces expériences m’ont permis de découvrir différentes façons de sensibiliser le public à l’environnement. Aujourd’hui, je suis heureux de poursuivre cette mission au sein du Parc naturel régional de Lorraine.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler dans l’éducation à l’environnement et au territoire ?

C’est ma première expérience en tant qu’animateur nature qui a été un véritable déclic. En tant qu’enseignant, je sensibilisais déjà les élèves à la biologie et à l’écologie en classe. Mais le fait de pouvoir les emmener sur le terrain, leur faire découvrir la nature directement et observer avec eux ce qui nous entoure m’a complètement convaincu.

J’ai compris que l’on apprend différemment lorsque l’on est dehors. Voir, toucher, écouter, observer… ces expériences marquent durablement les esprits. Pour moi, c’est l’un des meilleurs moyens de sensibiliser à l’environnement et de donner envie de protéger ce qui nous entoure.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre le Parc naturel régional de Lorraine ?

Au fil de mes expériences, j’ai constaté que beaucoup de personnes connaissent davantage la biodiversité exotique que celle qui nous entoure au quotidien. Pourtant, cette biodiversité dite « ordinaire » est elle aussi fragile et menacée. Elle joue un rôle essentiel dans notre vie de tous les jours en nous rendant de nombreux services : pollinisation, régulation des écosystèmes, formation des sols…

Par ailleurs, face aux enjeux environnementaux actuels, j’ai ressenti de plus en plus fortement une forme d’éco-anxiété et le besoin d’agir concrètement pour ne plus me sentir impuissant. L’un des meilleurs moyens d’y répondre est, selon moi, de se reconnecter à son environnement proche et de passer à l’action : aménager des espaces favorables à la biodiversité autour de chez soi ou de son lieu de travail, soutenir des producteurs locaux engagés ou encore encourager des initiatives compatibles avec les défis environnementaux et sociétaux auxquels nous sommes confrontés.

Rejoindre le Parc naturel régional de Lorraine en tant qu’animateur « Éduquer au territoire » représente pour moi une belle opportunité d’agir au quotidien. Mon rôle est de faire découvrir la richesse du patrimoine naturel et culturel de notre territoire, de sensibiliser le plus grand nombre à son importance, mais aussi de transmettre des clés de compréhension pour permettre à chacun de devenir acteur de sa préservation et d’améliorer son cadre de vie.

Au Parc naturel régional de Lorraine, en quoi consiste ton poste d’animateur Education au territoire ?

J’interviens principalement dans les écoles des communes du territoire pour proposer des animations autour de l’environnement et du développement durable. L’objectif est notamment de faire découvrir aux élèves la biodiversité qui les entoure, parfois juste au pas de la porte de leur école : apprendre à reconnaître les êtres vivants présents autour d’eux, comprendre leur rôle dans les écosystèmes et prendre conscience de l’importance de les préserver.

Au-delà de la sensibilisation des élèves, j’accompagne également les enseignants qui souhaitent développer la pratique de l’École du dehors. Je leur propose des idées d’activités, des ressources pédagogiques et je peux les accompagner lors de leurs sorties afin d’apporter des ateliers davantage axés sur les enjeux d’éducation à l’environnement et au développement durable.

À quoi ressemble une journée type… ou justement, existe-t-il une journée type ?

La particularité de ce métier, c’est qu’il n’existe pas vraiment de journée type ! Les missions évoluent au fil des saisons et des périodes de l’année.

Pendant les périodes scolaires, je suis principalement sur le terrain, au contact des élèves et des enseignants. Je me rends dans les écoles, notamment dans la partie orientale (Zone Est) du Parc, pour réaliser des animations dans les cours d’école, les forêts, les prairies ou encore au bord des rivières proches. Chaque lieu devient alors un support pour observer, expérimenter et mieux comprendre la vie qui nous entoure.

Lorsque je suis au bureau, une part importante de mon travail consiste à préparer les interventions avec les enseignants. Nous échangeons en amont afin de construire un programme d’animations sur l’année scolaire, en lien avec leurs projets de classe, leurs attentes et les programmes scolaires. Cette préparation permet de proposer des activités adaptées aux élèves et de construire un véritable parcours pédagogique autour de la découverte du territoire, de la biodiversité et des enjeux environnementaux.

Les vacances scolaires sont quant à elles des temps de conception et d’innovation. Avec mes collègues Myriam et Ronan, nous réfléchissons aux besoins du territoire en matière d’ingénierie pédagogique et nous créons de nouvelles trames d’animations, outils et mallettes pédagogiques pour accompagner au mieux les enseignants et les élèves.

Quels sont les sujets que tu aimes particulièrement transmettre ?

Tout ce qui touche à la biodiversité, avec une affection particulière pour l’entomologie ! Les insectes et autres petites bêtes sont souvent méconnus et parfois même mal-aimés. J’aime justement contribuer à changer le regard que l’on porte sur eux, en montrant leur diversité, leur beauté et surtout leur rôle indispensable dans le fonctionnement des écosystèmes et dans notre agriculture.

Un autre sujet que j’aimerais particulièrement développer est celui de l’agriculture, notamment le maraîchage en agriculture biologique. C’est un thème qui permet d’aborder de nombreux liens entre biodiversité, alimentation et pratiques agricoles, tout en donnant des clés pour mieux comprendre les enjeux de notre territoire.

Qu’apprécies-tu le plus dans ton métier ?

Ce que j’apprécie particulièrement dans mon métier, c’est d’être régulièrement en extérieur et de partir à la découverte de la faune et de la flore à travers tout le territoire du Parc naturel régional de Lorraine. Chaque sortie est une occasion d’explorer de nouveaux paysages, d’observer des espèces que je n’avais encore jamais eu la chance de voir en vrai et de continuer à apprendre.

Selon toi, pourquoi est-il important de sensibiliser dès le plus jeune âge à la nature et au territoire ?

La crise du Covid nous a rappelé à quel point nous pouvions être déconnectés de notre environnement et combien il était essentiel de renouer un lien avec la nature qui nous entoure. Une personne qui est sensibilisée à la nature et qui y est régulièrement exposée a davantage de chances de développer un lien positif et durable avec celle-ci.

C’est pourquoi la sensibilisation dès le plus jeune âge est essentielle : si cette relation à la nature se construit et perdure tout au long des différentes étapes de la vie, elle peut permettre de développer un fort attachement à son territoire et donner envie de s’engager pour le préserver.

Qu’aimerais-tu transmettre à travers ton métier au sein du Parc ?

J’aimerais vraiment partager mon intérêt pour les aménagements en faveur de la biodiversité et développer des actions autour de l’agriculture et de l’alimentation. Ce sont des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur, car ils permettent aussi de renouer avec des choses simples qui ont parfois tendance à se perdre : redécouvrir le vrai goût des fruits et des légumes, comprendre les saisons, apprendre à cuisiner et retrouver le plaisir d’une alimentation plus proche de la nature.

Chaque action compte : qu’elle soit petite ou grande, elle contribue à préserver notre environnement.

Qu’est-ce qui te donne le sentiment d’avoir réussi une animation ?

Ce qui me donne le sourire, c’est lorsque je rencontre les parents d’enfants que j’ai sensibilisés et qu’ils me racontent avoir installé un abri à hérisson ou créé une prairie fleurie dans leur jardin. À ce moment-là, je me dis que j’ai réussi ma mission : les enfants se sont approprié ce qu’ils ont découvert, l’ont partagé autour d’eux et l’ont transformé en une action concrète pour améliorer leur environnement proche, avec leurs propres moyens.

Selon toi, qu’est-ce qui rend le Parc naturel régional de Lorraine unique ?

La diversité de ses paysages et des milieux que l’on y trouve. Forêts, prairies, zones humides, étangs et paysages agricoles, cette mosaïque d’habitats accueille une grande variété d’espèces et offre des ambiances très différentes selon les secteurs.

J’apprécie aussi la particularité d’un Parc composé de deux zones géographiques distinctes, qui apportent chacune leurs singularités. Cette diversité fait pleinement partie de l’identité du Parc naturel régional de Lorraine.

Ton coup de cœur sur le Parc ?

“Si je devais choisir un lieu, ce serait sans hésiter l’étang de Lindre. J’aime particulièrement ce site car il illustre bien la possibilité de concilier activités humaines et préservation de l’environnement : la pisciculture traditionnelle y côtoie des mesures de protection remarquables pour la faune et la flore, avec notamment le label international  Ramsar.

C’est un lieu magnifique pour comprendre toute la richesse, mais aussi la fragilité, des zones humides. Que l’on soit passionné de nature ou curieux d’histoire, chacun peut y trouver son intérêt grâce au Domaine de Lindre et à la Maison du Pays des Étangs à Tarquimpol.

Etang de Lindre © Domaine de Lindre
Tarquimpol © PnrL / Sylvie Balczesak
Accessibilité