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Espace documentaire
Myriam, connaissais-tu le Parc naturel régional de Lorraine avant d’y travailler ?
Je connaissais les Parcs naturels régionaux et je savais déjà que je voulais travailler dans ce type de structure. Au départ, je m’orientais plutôt vers les Parcs nationaux, mais les opportunités étaient plus nombreuses dans les Parcs naturels régionaux.
En revanche, je ne connaissais pas le Parc naturel régional de Lorraine, car je ne suis pas originaire de la région. J’y ai découvert un territoire riche, avec une grande diversité de paysages et de patrimoines. C’est une très belle découverte et, aujourd’hui, je peux dire que cela vaut vraiment le détour !
Qu’est-ce qui t’a amenée à travailler au Parc naturel régional de Lorraine ?
Je suis arrivée au Parc en 2017 pour effectuer mon stage de Master 2. Ma mission consistait à étudier un petit crapaud introduit en Moselle : le sonneur à ventre de feu. Je devais réaliser un état des lieux de son occupation sur le territoire.
Après l’obtention de mon Master en préservation et gestion conservatoire des systèmes écologiques, j’ai poursuivi l’aventure au Parc dans le cadre d’un service civique, au sein du pôle Éducation. C’est à cette occasion que j’ai découvert l’éducation à l’environnement et au territoire. J’ai tout de suite apprécié cette approche qui permet de sensibiliser les habitants, de transmettre des connaissances et de créer du lien avec le territoire où ils vivent. J’ai alors su que je voulais m’orienter vers ce type de métier. Depuis 2022, j’occupe le poste d’animatrice éducation au territoire.
En quoi consiste ton métier aujourd’hui ?
Au quotidien, je conçois et j’anime des actions d’éducation au territoire auprès de publics très variés. J’interviens principalement dans les écoles, mais j’anime aussi des sorties nature ouvertes au grand public, notamment autour de la découverte des amphibiens. Chaque animation est une occasion d’aider les participants à mieux connaître la nature qui les entoure et à comprendre pourquoi il est important de la préserver.
Aujourd’hui, une grande partie de mon travail est consacrée au développement d’une démarche pédagogique “Eduquer au dehors”. Cela consiste à accompagner les enseignants souhaitant faire classe régulièrement en extérieur, au plus près de leur environnement.
Cette action s’inscrit dans le programme Connais ton Parc, qui repose sur trois grands projets :
Qu’aimerais-tu transmettre aux enfants ?
J’aimerais leur montrer qu’il n’est pas nécessaire de partir à l’autre bout du monde pour s’émerveiller. Quand on leur demande quels animaux vivent près de leur école, ils imaginent souvent des lions ou des girafes. Puis, une fois sur le terrain, un simple scarabée ou une méloée suffit à les fasciner pendant de longues minutes.
Les enfants ont cette formidable capacité à s’attacher à ce qu’ils découvrent. Lorsqu’ils apprennent à connaître une espèce ou un milieu naturel, ils ont naturellement envie de le protéger.
Au fond, mon objectif est simple : leur donner envie d’observer, de comprendre et d’aimer la nature qui les entoure. Parce qu’on protège plus facilement ce que l’on connaît.
Les enfants sont-ils déjà sensibilisés à la nature ?
Cela dépend beaucoup de leur environnement. Certains grandissent dans des familles très proches de la nature, tandis que d’autres découvrent presque tout avec nous.
Avant chaque projet, j’essaie de comprendre leurs représentations afin d’adapter les animations. Ce qui est formidable, c’est que, quel que soit leur niveau de départ, ils sont toujours curieux et enthousiastes. Même lorsqu’il pleut, qu’il neige ou qu’il fait froid, ils sont heureux de sortir découvrir ce qui les entoure.
À travers les projets menés avec les écoles, nous sensibilisons aussi les familles. Les parents et les grands-parents participent souvent aux sorties et sont très réceptifs. Les changements de pratiques se construisent ensemble.
À quel moment te dis-tu que tu as réussi ta mission ?
Je le ressens particulièrement avec le projet “Eduquer au dehors” grâce à un exercice appelé le « sit spot ». Chaque enfant s’installe seul, au pied d’un arbre ou dans un endroit qu’il choisit, pour écouter la nature.
Au début de l’année, quelques minutes de silence sont déjà un défi. Puis, au fil des mois, ils deviennent capables de rester quinze minutes à observer, écouter et profiter de ce qui les entoure.
Quand ils reviennent en racontant les chants d’oiseaux qu’ils ont entendus et qu’ils me disent qu’ils seraient bien restés encore un peu, je me dis que quelque chose s’est réellement passé.
Ils se sont reconnectés à la nature et c’est sans doute le plus beau résultat que l’on puisse espérer.
Peux-tu nous partager une rencontre qui t’a particulièrement marquée ?
C’était un jour de mai, avec une classe de CM1-CM2 de Lucey, lors d’une séance d’Éduquer au dehors.
Après un temps d’écoute en forêt, nous nous dirigions vers notre lieu de rassemblement lorsque nous avons aperçu un petit faon qui dormait paisiblement dans les hautes herbes.
J’ai simplement fait signe aux enfants de rester silencieux. Ils ont immédiatement compris. Ils ont observé le faon quelques instants, puis nous sommes repartis discrètement nous installer un peu plus loin pour ne pas le déranger.
Ce fut un moment magique. Observer un animal sauvage dans son milieu naturel est un véritable privilège. Cette rencontre résume parfaitement ce que nous cherchons à transmettre : apprendre à regarder, à écouter et à respecter le vivant.
Quels sont, selon toi, les grands défis des années à venir ?
Le principal défi est sans aucun doute le dérèglement climatique. Nous en observons déjà les effets sur la biodiversité, avec des espèces qui deviennent de plus en plus rares.
Une citation qui te parle particulièrement ?
« Des petites mains, l’air de rien, recousent en silence le cœur du monde” »
La nature se découvre toute l’année. Comme je le dis souvent aux enfants : « On protège ce que l’on connaît. » Alors n’ayons pas peur de sortir, d’observer, de rester curieux et de continuer à apprendre. C’est le meilleur moyen de créer un lien durable avec ce qui nous entoure.
C’est pourquoi l’éducation à l’environnement est essentielle. Elle permet de préparer les jeunes générations à comprendre ces changements et à adopter des pratiques plus durables.
Je reste optimiste : les enfants sont curieux, les familles sont à l’écoute et chacun peut agir à son échelle.
“J’aime beaucoup la forêt de la Reine, avec ses étangs, ses mares et sa richesse naturelle. J’apprécie aussi le lac de Madine, où je pratique la course à pied, le vélo ou la natation.
Enfin, j’ai un vrai coup de cœur pour la vallée du Rupt de Mad, où l’on passe en quelques pas d’une pelouse calcaire à une forêt de vallons froids. Cette diversité de paysages fait toute la richesse du Parc.“
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