Ici, les paysages ne sont jamais figés.
Ils s’étirent, se creusent, ondulent et dialoguent avec l’eau, les forêts, les prairies et les villages.
De vallées en plateaux, d’étangs en plaines, le Parc naturel régional de Lorraine dévoile une mosaïque de milieux façonnés par le temps, la nature et les femmes et les hommes qui y vivent.
Les paysages du Parc naturel régional de Lorraine s’organisent en grandes unités façonnées par la géologie.
Reliefs de côtes, vallées et plaines composent une diversité de paysages parmi les plus remarquables de Lorraine à découvrir et à explorer.
À la découverte de l’Ouest du Parc
La partie occidentale du Parc naturel régional de Lorraine, qui s’étend de la vallée de la Meuse à la vallée de la Moselle, est délimitée au nord par Verdun et Metz, au sud par Toul. Entre vallées et plateaux, vergers et forêts, cette partie du Parc offre une mosaïque de paysages aux ambiances variées.
Les Côtes de Meuse, avec leurs vergers et vignobles, dominent la plaine de la Woëvre et sont entrecoupées de vallons frais et de vallées profondes. Les Côtes de Moselle, plus forestières, offrent elles aussi un relief découpé et une richesse naturelle remarquable. Ici, les villages se mêlent harmonieusement au relief : au pied des côtes, les maisons se nichent derrière des parcelles de vergers, jardins et potagers, témoignant d’une occupation du territoire ancienne et respectueuse de ses richesses naturelles.
1. La vallée de la Meuse
La Vallée de la Meuse est l’une des grandes vallées alluviales d’Europe et la moins urbanisée de Lorraine, où le fleuve conserve son caractère sauvage. Dans sa partie meusienne, son cours est libre et méandreux, avec des débordements réguliers qui entretiennent un paysage vivant : prairies parsemées de haies, bosquets et ripisylves.
Un territoire d’eau et de zones humides, véritable paradis pour les oiseaux, où l’on peut observer des espèces rares comme le râle des genêts ou le courlis cendré.
Les villages, souvent situés au pied des versants ou à la confluence de la Meuse et de ses affluents, ont tiré parti de la présence de l’eau — canaux, lavoirs, fontaines — tout en évitant les zones de crues subites ou d’inondations régulières.
Les activités économiques de la vallée sont étroitement liées à l’exploitation des ressources naturelles du sol et du sous-sol, reflétant une longue histoire d’adaptation des hommes au paysage.
2. Les Côtes de Meuse
Des paysages diversifiés où se succèdent vallons frais et ombragés, pelouses calcaires baignées de soleil, vergers et vignobles, ainsi que massifs forestiers aux mille secrets. La vallée et ses coteaux abritent une richesse botanique exceptionnelle avec orchidées, plantes sub-méditerranéennes, et une faune fascinante : chouette chevêche, torcol fourmilier, mante religieuse…
Le paysage se lit en trois grands traits de crayons :
Les villages « sous-les-Côtes » racontent eux aussi l’histoire du lieu : anciens villages vignerons construits autour des sources, ils s’intègrent harmonieusement au paysage.
3. La plaine de la Woëvre
Située au pied des Côtes de Meuse, la Plaine de la Woëvre s’étire doucement sur un relief légèrement vallonné, où eaux, prairies et forêts se mêlent harmonieusement. Traversée par de nombreux ruisseaux et affluents de la Moselle, cette plaine humide est un refuge exceptionnel pour la faune : amphibiens, reptiles, insectes et oiseaux migrateurs y trouvent des habitats préservés.
Des sites emblématiques comme Lachaussée ou le lac de Madine permettent d’observer des espèces rares, de la grue cendrée au héron pourpré, tout en profitant d’un paysage façonné par l’eau et la nature.
La plaine est également marquée par l’histoire humaine : déboisée et drainée depuis le Moyen Âge, elle a été aménagée avec des étangs et des canaux qui rythment encore aujourd’hui le paysage. Les villages s’installent au cœur de clairières agricoles, entourés de vergers et de haies denses qui constituent l’une des plus grandes trames arborées du Parc. Saule têtard, arbres isolés et alignements de fruitiers dessinent des lignes douces à travers les prairies et le long des cours d’eau, créant des paysages vivants et variés à chaque pas.
4. Côtes et vallée de la Moselle
La Vallée de la Moselle offre des paysages variés où vallées profondes, rivières sinueuses et plateaux boisés se succèdent. C’est l’unité paysagère la plus anthropisée du Parc, où villages, industries et carrières ont façonné un territoire vivant et contrasté.
Le front de la Côte de Moselle, sur la rive gauche, domine la vallée avec des versants souvent escarpés. Les villages, souvent denses et étendus, témoignent des différentes vagues de construction du XXᵉ siècle et s’installent principalement sur les versants pour éviter les zones basses très aménagées.
Malgré l’empreinte humaine, la vallée conserve des milieux naturels remarquables : forêts fragmentées en friches, bandes boisées, bosquets et haies, ainsi que de nombreux étangs liés à d’anciennes gravières, qui ponctuent le paysage et abritent une riche biodiversité.
Le Plateau de Haye, ou Plateau des Côtes de Moselle, forme un vaste ensemble relativement plat où la moindre verticalité attire le regard : alignements d’arbres le long des routes, bosquets et lisières forestières encadrent les grandes plaines céréalières et offrent des respirations dans ce paysage tabulaire. Les affluents de la Moselle, comme la Gorzia, le Rupt-de-Mad ou l’Esch, découpent le plateau et donnent naissance à des sous-paysages caractéristiques, où l’histoire et la géographie se lisent à chaque vallée.
Ici, les cultures, vergers et vignobles côtoient des massifs forestiers aux richesses insoupçonnées, offrant un mélange unique de paysages typiques, préservés et contrastés, où nature et activité humaine se répondent harmonieusement.
L’Est du Parc naturel régional de Lorraine
De Château-Salins à Fénétrange et Sarrebourg, l’Est du Parc regroupe des paysages uniques et contrastés, riches en histoire et en biodiversité.
On y distingue deux grands ensembles : le Pays du Sel, autour de la vallée de la Seille, et le Pays des Étangs, avec ses multiples plans d’eau et zones humides.
1. La vallée de la Seille – le Pays du Sel
Au nord, la vallée de la Seille est bordée par la Côte de Bride et Koeking. Au sud, une légère ligne de crête l’ouvre sur le Pays des Étangs. Ce paysage singulier est marqué par la présence, juste sous la surface, d’une épaisse couche de sel qui façonne depuis des siècles l’identité du Saulnois. La toponymie du Saulnois (Château-Salins, Seille, Marsal…) rappelle l’importance historique du sel et de son exploitation.
Dans les fonds de vallées, sources et mares salées révèlent ce sous-sol exceptionnel : elles donnent naissance à des prés-salés continentaux, un phénomène rarissime loin du littoral.
Ces milieux abritent une flore halophile unique, composée de plantes habituellement associées aux bords de mer :
salicornes, asters maritimes, scirpes… Certaines espèces sont endémiques, uniques en France et parmi les plus rares d’Europe.
Un paysage surprenant, à la croisée de l’histoire humaine, de la géologie et d’un patrimoine naturel d’une grande originalité.
2. La Côte de Bride et Koeking
Partie intégrante de la série de côtes qui façonnent l’Est du Bassin parisien, la Côte de Bride et Koeking marque fortement le paysage.
Peu élevée mais très visible, elle forme l’horizon du Pays des Étangs et de la vallée de la Seille.
Son plateau boisé, presque entièrement couvert de forêts, contraste avec ses versants agricoles qui descendent vers les vallées.
La côte est entaillée par la Petite Seille, un affluent de la Seille, qui crée un relief doux et des transitions paysagères harmonieuses.
Un territoire où se mêlent forêts, cultures et lignes de crête, offrant un paysage structuré, lisible et typique de l’Est lorrain.
3. Le Pays des Étangs
Cet espace regroupe des dizaines d’étangs, petits et grands, parmi lesquels l‘étang de Lindre (630 ha), créé au Moyen Âge et reconnu d’intérêt international.
Le Pays des Étangs est un lieu clé pour les oiseaux migrateurs et nicheurs.
Les roselières, prairies humides et forêts riveraines forment un ensemble de milieux complémentaires pour la nidification, l’alimentation et le repos des espèces.
L’étang de Lindre, véritable joyau, accueille oies, cygnes, blongios nain, balbuzard pêcheur, ainsi que de nombreux amphibiens et une flore remarquable.
Les forêts alentour permettent aussi l’observation de chauves-souris rares et du chat sauvage, renforçant l’intérêt naturel de cette partie du Parc.
L’histoire industrielle du XIXᵉ siècle a façonné le paysage avec la création du canal de la Marne au Rhin et du canal des Houillères de la Sarre, dont les grands étangs — Réchicourt-le-Château, Gondrexange, du Stock ou Mittersheim — servent encore aujourd’hui de réservoirs et accueillent de nombreuses activités de loisirs et d’observation de la nature.
Antenne Est
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