Il n’est pas utile d’être un spécialiste pour participer à l’enrichissement de connaissance de la biodiversité. Venez découvrir, apprendre et faire connaître l’observation de la nature.

Il s’agit, à l’instar des sciences participatives à l’échelle nationale, de prospections qui, sans la participation du plus grand nombre, ne pourraient se faire. Elles sont localisées, sur des espèces particulières et des territoires ciblés.

Dans le cadre de ces missions, le Parc naturel régional de Lorraine propose ainsi aux habitants, associations des moments conviviaux autour de la connaissance des espèces au travers de leur suivi.

Par ailleurs, des outils numériques au service de la connaissance sont ou seront mis en place. Leur objectif est la mutualisation de cette connaissance. Les données non sensibles sont disponibles sur BOMBINA (https://www.pnr-lorraine.com/agir/bombina/).

Chacun à son niveau peut participer, nous vous proposons de collaborer aux suivis actuels :

– Amphibiens

Les amphibiens sont des espèces protégées. Leur manipulation est strictement réglementée.

Pour autant, les tritons, crapauds, grenouilles et salamandres traversent de grandes étendues pour aller se reproduire dans les milieux aquatiques. Lors de cette migration, de la fin février jusqu’à la mi-avril, dès que les températures sont supérieures à 5°c, les amphibiens sont souvent dans l’obligation de traverser un réseau routier qui peut leur être fatal.

Il est alors nécessaire de les recueillir par la pose de filets et de seaux pour leur éviter l’écrasement. Ils sont ensuite transportés grâce à la mobilisation du plus grand nombre, au-delà de l’obstacle.

Attention, cette action ne peut être réalisée sans autorisation, prise en compte par le parc pour ses bénévoles dans le cadre de ses suivis.

Pour leur découverte et leur protection, sur le secteur de Boucq, n’hésitez pas, contactez Johan CLAUS >> chargé de mission NATURA 2000 – Vallée du Rupt-de-Mad, Vallée de l’Esch, Forêt de la Reine (johan.claus@pnr-lorraine.com / tél. : 03 83 84 25 16).

Pour le secteur de Marbotte – Etang de Ronval, si vous souhaitez participer vous pouvez contacter Olivier NOURRIGEON >> chargé de mission forêt et sensibilisation au patrimoine naturel (olivier.nourrigeon@pnr-lorraine.com / tél. : 03 83 84 25 36).

Une petite formation sur le terrain sera donnée pour les nouveaux participants et un planning vous sera partagé.

– Butor étoilé

Le Butor étoilé est un héron trapu aux mœurs discrètes. Il est plus petit que le Héron cendré. La couleur de son plumage, brun fauve rayé de noir, allié à son comportement mimétique, le rendent particulièrement difficile à observer dans son milieu de prédilection, les roselières des vastes zones humides. Il se nourrit de poissons, d’amphibiens, de crustacés….

On l’appelle aussi « bœuf des marais ». Ce surnom vient du chant caractéristique qu’émettent les mâles en période de reproduction et qui évoque un mugissement. Ce chant très atypique, émis de février à juin, est très puissant.

En Europe, le Butor étoilé est encore bien présent mais ses effectifs sont en déclin important depuis plusieurs décennies, particulièrement en Europe de l’Ouest et en France. Les estimations nationales de ses effectifs, entre les années 1970 et 2008, ont mis en évidence une chute de l’ordre de 35 à 40 %. La disparition des zones humides est une des principales causes de la disparition du Butor étoilé.

La Lorraine est un des derniers bastions continentaux en France. C’est dans la plaine de la Woëvre, pays d’étangs et de prairies implanté aux pieds des côtes de Meuse, que l’on trouve le Butor étoilé. On y dénombre annuellement de 15 à 25 mâles chanteurs. Malheureusement, les populations voisines de Moselle, d’Alsace ou de Champagne ont pratiquement disparues. Le Butor Lorrain est bien isolé de ses congénères de Brenne, de Camargue ou de Normandie.

Afin de répondre le plus efficacement à ces enjeux de connaissance, le PnrL, le CENL, l’ONCFS (maintenant OFB), accompagnés par le bio-acousticien Julian PICHENOT, se sont associés autour d’un projet de suivi bioacoustique, depuis 2012. L’objectif est de répondre aux questions suivantes : comment la population de la plaine de la Woëvre est-elle structurée spatialement ? Quelles interactions existent au sein de ce réseau d’étangs ? Quel est le taux de survie des individus et quels facteurs peuvent potentiellement l’influencer localement ?

Pour plus d’informations, n’hésitez pas, contactez Mathieu JUNGER >> chargé de mission NATURA 2000 – Jarny-Mars la Tour, étangs de Lachaussée, lac de Madine (mathieu.junger@pnr-lorraine.com / tél. : 03 83 84 25 15).

– Pas de printemps sans « Hirondelles »

Hirondelle de fenêtre, Hirondelle rustique et Martinet noir* sont 3 espèces inféodées aux habitations humaines. Ces 3 espèces, comme bien d’autres, connaissent un déclin de leur population.

Les « Hirondelles », comme leurs nids occupés ou non, sont protégées.

Cette action de suivi émane du territoire et a été inscrite dans les objectifs opérationnels de la charte du PnrL. En effet, depuis longtemps, des associations s’inquiètent de l’évolution de ces populations. L’objectif du PnrL est de partager une connaissance harmonisée sur l’ensemble de ses communes.

Ainsi le programme « Pas de printemps sans Hirondelles » propose, à travers un inventaire des nids de ces 3 espèces, de sensibiliser les habitants à leur propos, à leur habitat naturel, et par voie de conséquence à l’ensemble de la biodiversité.

Note : le Martinet noir n’est pas une hirondelle. Cette espèce fait partie de la famille des Apodidés. Du fait, qu’elle connaisse la même problématique et est souvent confondue avec les hirondelles, elle s’inscrit naturellement dans ce programme.

L’animation de « Pas de printemps sans Hirondelles », les données recueillies et les informations transmises ont permis de faire prendre conscience à des particuliers comme à des collectivités, des démarches nécessaires au moins vis-à-vis de la loi pour ne pas impacter ces oiseaux.

Qui plus est, à travers elles, il est possible d’accéder à de nombreux aspects de la biodiversité. Évoquer les Hirondelles, c’est parler de leurs besoins, l’alimentation, la reproduction, les milieux. En effet, les « Hirondelles » sont dépendantes des zones humides d’où émergent les insectes volants, leur nourriture exclusive au début du printemps.

Protéger les nids d’Hirondelles va donc au-delà du simple fait de respecter la loi.

Ce programme a démarré en 2015 et se poursuit sur la durée de la charte. Retrouvez les synthèses et les bilans dans le volet Biodiversité de l’Observatoire du Parc naturel régional de Lorraine.

Rejoignez les contributeurs de ce suivi participatif !

De mai à juillet, nous vous proposons de nous retourner vos observations. Pour ce faire, des documents, vous sont proposés : un guide d’identification des 3 espèces, le formulaire de suivi et un document d’accompagnement.

Depuis juin 2021, une interface de consultation et de saisie est accessible sur mobile et ordinateur de bureau. Nous cherchons à simplifier les échanges de la connaissance : hirondelles.pnr-lorraine.com.

Vous accueillez des « Hirondelles » et vous avez un projet sur votre habitation, consultez lien vers l’observatoire : appui stratégique.

N’hésitez pas, contactez Arnaud BRASSELLE >> chargé de mission pour l’Observatoire de la biodiversité (arnaud.brasselle@pnr-lorraine.com / tél. : 03 83 84 25 39).

– Râle des genets

Oiseau typique des prairies de fauche extensive, le Râle des genêts était, il y a encore 80 ans, une espèce commune présente dans tous les départements de France à l’exception du pourtour méditerranéen. Aujourd’hui, on compte à peine 300 mâles chanteurs (la femelle ne chante pas).

Arrivé d’Afrique par un vol de nuit aux alentours de mi-mai, le mâle Râle des genêts à trouver, dans la Vallée de la Seille, un secteur de prairies de fauche propice à son installation. Comme l’oiseau est de mœurs nocturnes, monsieur Râle occupe ainsi ses nuits (23h00 à 3h00) a « râlé » pour attirer madame. Et cette petite chansonnette unique en son genre s’entend à des kilomètres.

Chaque année, des bénévoles noctambules déambulent dans les prairies bordant la Seille à l’écoute attentive de l’oiseau râleur. S’il se manifeste pendant plusieurs nuits au même endroit, nous pouvons considérer qu’il fait son nid, à même le sol. Une fois pondus, les œufs sont couvés pendant 18 jours environ avant d’éclore. Les poussins sont autonomes à l’âge de 2 semaines mais ne savent véritablement voler qu’à 35 jours. Autrement dit, toutes fauches pendant cette période est fatale pour les poussins et donc la survie de cette espèce !

Lors des comptages nocturnes, si un mâle chanteur se fait entendre, nous tentons de le localiser du mieux possible sans toutefois le perturber. C’est que le mâle ne chante jamais trop loin de son nid. L’exploitant de la parcelle agricole est par la suite contacté. On lui propose de faire un geste fort (retarder sa fauche jusqu’au 21 juillet) qui, en l’absence d’autres perturbations, emmènera peut-être les poussins jusqu’à l’âge adulte.

Pour cela, nous avons besoin de bénévoles n’ayant pas peur de la nuit ! 3 soirées de comptages sont organisées entre la mi-mai et la fin juin de chaque année. Et pour participer, pas besoin d’être un expert !

N’hésitez pas, contactez Nelly WEBER >>chargé de mission NATURA 2000 – Étang de Lindre, étang de Mittersheim, vallée de la Seille (nelly.weber@pnr-lorraine.com / tél. : 03 83 84 25 19).

– D’autres projets existent et sont à venir … ?

À l’échelle nationale des programmes de sciences participatives, le Muséum National d’Histoire Naturel (MNHN) propose Vigie Nature. Ce programme doit permettre aux chercheurs du MNHN la récolte d’un grand volume d’observations (données) pour répondre à diverses problématiques scientifiques.

Voici quelques-uns de leurs observatoires :

  • Suivi photographique des insectes pollinisateurs Spipoll : Les insectes pollinisateurs jouent un rôle majeur dans le fonctionnement des écosystèmes. Ce service écosystémique est aujourd’hui fragilisé, comme en atteste le déclin des populations d’abeilles domestiques. Le Spipoll, Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs, a pour but d’obtenir des données quantitatives sur les insectes pollinisateurs et autres insectes floricoles en France. Il s’agit de mesurer les variations de la diversité de ces insectes et de la structure des réseaux de pollinisation, sur l’ensemble du territoire.
  • Sauvages de ma rue : Sauvages de ma rue est un observatoire participatif de Vigie-Nature, permettant aux citadins demieux connaître les plantes sauvages qui poussent dans les ruesde leur quartier,autour des pieds d’arbres, sur les trottoirs, dans les pelouses… Cette biodiversité, à travers les services qu’elle rend, est importante pour la vie des citadins : elle tempère les îlots de chaleur, elle participe à la dépollution de l’air et de l’eau, à la détoxification des sols…
  • Observatoire agricole de la biodiversité (OAB) : Le principe de l’Observatoire Agricole de la Biodiversité (OAB) est de proposer des protocoles d’observation de la biodiversité ordinaire aux agriculteurs intéressés, en vue de mieux connaître la biodiversité ordinaire en milieu agricole et ses liens avec les pratiques. Quatre protocoles sont actuellement proposés concernant des taxons choisis pour leur lien avec l’agriculture : Nichoirs à abeilles solitaires, Placettes vers de terre, Transects papillons, Planches invertébrés terrestres.