Le Parc naturel régional de Lorraine est un territoire marqué par l’histoire et les guerres. Découvrez les restes d’un passé tumultueux en visitant les différents sites de mémoire. Entre Guerres mondiales, Guerre franco-allemande de 1870 et période romaine, le patrimoine historique de la Lorraine vous transportera à travers les âges !

Les sites de la guerre de 1870

La guerre franco-allemande de 1870 opposa, du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, la France et les États allemands coalisés sous l’égide de la Prusse. Aujourd’hui, les visiteurs peuvent découvrir et comprendre les événements qui se sont déroulés dans ces lieux, et dont les conséquences conditionneront en partie l’histoire européenne du XXe siècle, grâce à plusieurs sites et équipements aménagés pour le grand public. Suivez le guide !

La campagne messine est parsemée de monuments commémoratifs et de sites témoins de la guerre de 1870 qui signent ces paysages, théâtres de terrifiantes batailles. Ils rappellent aussi l’existence en ces lieux d’une frontière et des immenses processions commémoratives qui se déroulèrent d’un côté comme de l’autre entre 1870 et 1914.

Les environs de Metz ont plus particulièrement été marqués par les batailles des 14, 16 et 18 août 1870 résultant de la stratégie d’enveloppement de la ville par les armées prussiennes. La bataille de Rezonville-Gravelotte qui se déroule sur le plateau le 16 août 1870 verra s’affronter plus de 200 000 combattants français et allemands.

Le circuit « les chemins de la mémoire 1870 »

Entre Vionville, Rezonville et Gorze, parcourez le circuit balisé de 13 km praticable à pied, à cheval ou en VTT qui permet de découvrir le champ de bataille, resté presque identique à ce qu’il était en 1870. En s’appuyant sur les monuments érigés après le conflit, ce parcours évoque les instants clés des combats grâce à des équipements informatifs et ludiques.

Pour plus d’informations sur cet itinéraire, télécharger la plaquette dédiée !

Le musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion à Gravelotte

Labellisé « Musée de France », ce musée d’histoire est le seul à ce jour en Europe entièrement consacré à la guerre de 1870 et à l’annexion de l’Alsace et de la Moselle (1871-1918). Il vise à enrichir les connaissances sur cette guerre et sur cette période encore méconnues. Les visiteurs y découvrent des collections militaires françaises et allemandes, mais aussi des collections photographiques et documentaires, des objets du quotidien et des œuvres d’art.

Face au musée, La Halle du souvenir, qui est le plus important monument dédié à la Guerre de 1870, est intégrée au circuit de visite.

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Musée Départemental de Gravelotte

La commune de Mars-la-Tour

Entre 1870 et 1918, Mars-la-Tour fut le symbole du patriotisme lorrain face à la toute proche Moselle annexée. Elle conserve de nombreux témoignages de cette période de l’histoire.

  • L’ancien musée, situé à côté de l’église : peu après le conflit, le chanoine Joseph Faller, curé de Mars-la-Tour, fonde le musée militaire en rassemblant des objets et vestiges trouvés sur les champs de bataille. À sa fermeture, ses collections ont été déposées au musée de Gravelotte. On peut encore admirer devant le bâtiment un poteau frontière prussien qui figurait, jusqu’en 1918, la limite entre les deux pays.
  • L’église commémorative : construite vers 1840, elle fut transformée en 1896 en un mémorial patriotique de la bataille de Mars-la-Tour. Elle compte notamment de nombreuses plaques commémoratives.
  • Le monument national Bogino : édifié en mémoire des 10 000 soldats français tombés dans les combats des 16 et 18 août 1870 à Gravelotte, Mars-la-Tour, Saint-Privat et Sainte-Marie-aux-Chênes. Il a été inauguré le 2 novembre 1875.
  • Le sentier de découverte : depuis l’église, un sentier mène vers le plan d’eau de Mars-la-Tour. Le circuit d’une heure permet d’en effectuer le tour et de rejoindre les silhouettes de la muséographie de plein champ.

La Première Guerre mondiale

Sur l’ancienne ligne de front, de nombreux équipements permettent de comprendre les événements qui se sont déroulés dans ces paysages aujourd’hui si calmes et si apaisés.

Les côtes forment des barrières naturelles qui furent déterminantes lors des batailles de la Première Guerre mondiale en offrant des points de vue stratégiques privilégiés. Le saillant de Saint-Mihiel est une ancienne ligne de front formée en septembre 1914

Cette avancée des lignes allemandes à l’intérieur des lignes françaises s’étendait alors de Pont-à-Mousson aux Éparges. Les Français tenteront sans relâche de reprendre ce terrain à l’ennemi mais il faudra attendre l’intervention des troupes américaines en 1918 pour libérer le saillant.

Vue sur la plaine de la Woëvre depuis l’éperon des Eparges

Les écrivains de la Grande Guerre

  • À Saint-Remy-la-Calonne, le cimetière militaire rend hommage aux soldats écrivains parmi lesquels Alain Fournier, auteur du « Grand Meaulnes ». Sa mémoire, ainsi que celle de ses compagnons, est célébrée dans le Jardin Littéraire : sur des panneaux, on découvre les réflexions et témoignages d’écrivains ayant combattu des deux côtés du front. Les mots de Jean Giono, Maurice Genevoix, Wilfred Owen ou Ernst Jünger résonnent en ce lieu.
  • L’éperon des Eparges qui domine la plaine de la Woëvre du haut de ses 346 mètres est un site stratégique essentiel lors de la Première Guerre mondiale. Il garde les traces profondes et impressionnantes des combats qui s’y déroulèrent et notamment de la guerre des mines dont témoignent les fameux entonnoirs. Parmi les monuments commémoratifs figure celui du 106ème Régiment d’Infanterie au sein duquel combattit Maurice Genevoix.
  • Dans le village, un centre documentaire sur la Grande Guerre est installé dans une ancienne salle de classe. Ce lieu est ouvert aux curieux souhaitant mener des recherches grâce au fonds d’archives mis à leur disposition. Un programme culturel de conférences, de projections et de sorties thématiques est également proposé tout au long de l’année.

Le monument de la Butte de Montsec

Plus au sud la Butte de Montsec qui s’élève à 377 mètres d’altitude constituait un poste d’observation convoité. De là, s’étend un panorama remarquable sur le lac de Madine, la plaine de la Woëvre et les Côtes de Meuse. Inauguré en 1932, le mémorial qui se dresse à son sommet commémore les offensives menées par l’armée américaine en 1918 pour libérer le saillant de Saint-Mihiel. Réalisé en pierre d’Euville, la rotonde entourée de colonnes de style néo-classique offre en son centre une carte en bronze retraçant le champ de bataille.

Mémorial de la Butte de Montsec

Des forts et un sentier de mémoire

Autour d’Apremont-la-Forêt, plusieurs lieux sont ouverts à la visite :

  • À Marbotte, un centre documentaire présente la vie quotidienne des soldats à travers une collection d’armes et d’objets fabriqués par les soldats français et allemands dans les tranchées. Son église, qui fut un lieu de pèlerinage pour les familles des disparus, présente des vitraux commémoratifs exceptionnels. À ne pas manquer non plus, les visites des forts de Liouville de Jouy-sous-les-Côtes et plus loin de Troyon, ces ouvrages fortifiés semi-enterrés construits selon le système de Séré de Rivières.
  • Le sentier pédestre du saillant de Saint-Mihiel propose un parcours de 18 km. Il traverse l’ancien champ de bataille et passe par des sites aux noms évocateurs tels que la Tranchée de la soif ou le Bois brûlé. En chemin, des panneaux permettent de s’informer sur l’histoire des lieux et sur les vestiges que l’on peut y observer : tranchées françaises et allemandes, banquettes de tir, logements à munitions…

La Seconde Guerre mondiale

La dernière Guerre mondiale a également marquée notre territoire. De nombreuses traces et vestiges de cette triste période sont encore présents sur le territoire du Parc naturel régional de Lorraine.

À la mémoire des héros américains

  • Le Parcours historique de la bataille Dornot Corny – 1944 est un itinéraire aménagé qui transporte le visiteur sur les lieux d’intenses combats de la Seconde Guerre mondiale.
  • La bataille du bois du Fer à Cheval à Corny-sur-Moselle est en effet l’une des plus douloureuses qu’aient eu à subir les soldats américains après s’être vaillamment battus en Normandie et avoir libéré Angers, Chartres, Reims ou Verdun. Lors de la traversée de la Moselle pour libérer Metz, la 5ème division américaine va en effet se replier dans le bois du Fer à Cheval et tenir héroïquement sa position durant 60 heures, sous un déluge de fer et de feu. Le sacrifice de ces héros permettra aux Américains de libérer Metz et de marcher vers le Reich.
  • Le Parcours historique de la bataille Dornot – Corny 1944 qui a été réalisé avec l’association Thanks GIs leur rend hommage. En descendant du village de Dornot, et le long de la Moselle à Corny, le déroulement de ces événements est raconté au visiteur sur des panneaux comportant des photos d’époque, des cartes, et des témoignages.

L’époque gallo-romaine

Le patrimoine historique du Parc naturel régional de Lorraine ne s’arrête pas à l’histoire récente : des vestiges d’une période antique florissante sont visibles ici et là sur le territoire du Parc (plus spécifiquement sur la commune de Tarquimpol et de Dieulouard).

Tarquimpol, un important carrefour de l’époque Gallo-Romaine !

Située sur une presqu’île de l’étang de Lindre, la commune de Tarquimpol est une localité privilégiée pour toute personne féru d’histoire !

Autrefois pôle de romanisation connu sous le nom de Decempagi, la commune se trouvait au carrefour de grands axes de circulation antiques.

Les découvertes archéologiques ainsi que les prospections aériennes ont mis à jour de nombreux vestiges qui poussent à imaginer l’importance de la cité dont témoignent également les traces de temples, d’un amphithéâtre (10 000 personnes de capacités, soit un des plus grands de tout l’Est de la Gaule), d’une structure d’accueil des pèlerins et de thermes publics. Certains artefacts découverts sur le site sont présentés dans les musées de Metz ou de Sarrebourg.

Aujourd’hui, il ne reste de ce prestigieux passé que des traces subtiles que le visiteur curieux pourra observer en se promenant dans le village : en ouvrant l’œil, il est en effet possible d’apercevoir des pierres taillées romaines sur la façade des maisons dont certaines sont décorées d’une tête !

Dieulouard, une ancienne cité antique !

La ville de Dieulouard, située aux abords de la Moselle, puise ses sources dans Scarpone, cité ancestrale fondée par les Romains à côté d’un pont stratégique qui franchissait le fleuve. Le noyau urbain, situé autour du château et de l’église, fut créé, plus tard, à la suite de l’abandon de Scarpone, dévastée par une succession d’invasions barbares. Pendant des siècles, Dieulouard fit partie de la Principauté Épiscopale de Verdun et constitua un îlot administratif attaché à cette entité politique, entouré par le puissant Duché de Lorraine. Il paraît même que devant ce constat inquiétant, l’évêque de Verdun aurait cité : « Dieu le garde » ! Ce présage se réalisa jusqu’à l’annexion de Dieulouard à la France au XVIIème siècle.

Les Romains furent les premiers à introduire la vigne en Lorraine. Peut-être déjà à cette époque, la Côte de Trême, petit relief situé au nord de la ville et dominant la Moselle, était couvert par la culture préférée de Bacchus. Nous pouvons même affirmer, grâce à de récentes découvertes, que la vigne était présente sur les coteaux calcaires de Dieulouard dès le XVIIème siècle !

En revanche, une incertitude persiste toujours quant aux murs en pierre sèche qui longent le Chemin du Trême, reliant le village et la chapelle de Notre Dame des Airs. Ces ouvrages vernaculaires sont difficiles à dater, car les murs rebâtis au fils du temps ont fréquemment utilisé des pierres provenant de vieilles constructions.

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